Comment limiter les violences obstétricales ?

Si le phénomène des violences obstétricales a toujours existé, ce n’est que récemment qu’il a éclaté au grand jour avec  la prise de paroles des femmes, notamment sur les réseaux sociaux.

Sur www.cotebebe.fr, nous tentons de faire le point sur ce terme qui cache des pratiques et allusions barbares.

Qu’entend-on par « violences obstétricales » ?

Parmi celles que l’on retrouve le plus souvent, on peut citer :

  • des propos déplacés du corps médical
  • les épisiotomies non consenties
  • une négation de la douleur (« mais non, vous n’avez pas mal, Madame, n’exagérez pas ! »)
  • les jugements sur l’aspect physique de la future maman
  • des pressions d’ordre psychologique (par exemple : « quoi ? Vous n’allez pas allaiter votre futur enfant ? Mais cela va lui porter préjudice…. »
  • des actes violents accomplis sans explications et avec un certain mépris.

Le problème, c’est que c’est votre esprit que l’on malmène au moment même où vous êtes plongée dans une grande vulnérabilité. Ajoutez à cela le fait que le corps médical – par manque de temps – ne cherche pas toujours à expliquer les gestes qu’il pratique et vous obtenez une maman qui se sent salie et perçoit son accouchement comme un viol, d’autant plus si elle est attachée aux pieds contre sa volonté…

Comment limiter ces abus ?

Informez-vous

En premier lieu, pour mieux comprendre de quoi il résulte, informez-vous sur le sujet. Vous pouvez par exemple consulter le blog de la juriste Marie-Hélène Lahaye , qui est très complet sur la question des violences obstétricales. Dans ses articles, elle aborde différents points autour de ce thème et suit l’actualité de près pour vous la retranscrire.

Vous pouvez aussi rejoindre le groupe Facebook du nom de « stop à l’impunité des violences obstétricales afin de mieux appréhender le sujet et de préparer votre accouchement en étant éclairée sur la question.

Rédigez un projet de naissance

Il s’agit de rédiger ce que vous souhaitez pour la naissance de votre bébé. En procédant ainsi, vous écrivez librement, avec l’esprit non embrouillé. En effet, le jour de votre accouchement, vous aurez sûrement du mal à formuler toutes vos requêtes, le marathon dans lequel vous vous engagez pouvant être long et plein d’obstacles.

Si vous écrivez en amont vos demandes, vous pourrez les transmettre le jour J à la sage-femme qui vous accouchera. Le projet de naissance sera respecté au mieux, tant qu’il ne nuit pas à la sécurité de votre bébé. Il s’agit d’un passeport intime entre vous et l’équipe médicale, un moyen pour des gens qui ne vous connaissent pas de faire au mieux selon vos volontés.

Dedans, vous aurez à vous pencher sur certains points comme :

-> le travail

Voulez-vous que l’on vous rase ? Autorisez-vous la sage-femme à utiliser de l’ocytocine afin d’augmenter la fréquence des contractions ? Que faire si la poche des eaux ne se rompt pas spontanément ? La dilation peut-elle se faire dans une baignoire ?…

-> l’anesthésie

Désirez-vous la péridurale ?

-> l’accouchement

Votre mari désire-t-il être acteur de votre accouchement (couper le cordon ombilical, donner le bain, pratiquer des soins) ? Dans quelle position souhaitez-vous accoucher ? Autorisez-vous la présence d’étudiants ? Que pensez-vous de l’épisiotomie ?

-> l’allaitement

Souhaitez-vous allaiter ? Si oui, quand opérer la première mise au sein ?

Ce sont toutes ces questions (et bien d’autres encore) que vous devez vous poser  si vous rédigez un projet de naissance. Cela permet de cadrer au mieux votre accouchement et d’éviter – dans la mesure du possible – certaines pratiques qui vont à l’encontre de ce que vous désirez.

En étant informée sur le sujet et en ayant préparé vos volontés, vous aurez les clés en main pour éviter de subir des violences obstétricales. Et si malgré tout ceci vous estimez avoir été trahie, n’hésitez pas à intégrer des groupes de parole sur le sujet pour vous libérer du traumatisme. Car oui, les violences obstétricales constituent une atteinte à la psyché.

source visuel : http://www.jim.fr

Auteur : Alexandra Le Dauphin

Alexandra Le Dauphin est rédactrice web chez Drôle de Plume et auteure de 3 ouvrages "Célibataire, faut pas t'en faire", "Au boulot Chômette "et "Matéli fait son tri".

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1 Comment

  1. Ou comment j’ai juste la larme à l’oeil car 4 des points évoqués dans la liste au début de l’article me parle … Car du vécu .
    Dans le même temps, j’ai la larme à l’oeil car il y a un mot, des termes pour ceci et cet article nomme fidèlement ce que j’ai connu en pensant bêtement que ces faits étaient de ma faute.
    Bref, merci à vous pour cet article qui dit les choses et qui rendra service aux futures mamans, afin qu’elles ne se mangent pas ces mauvais traitements qui marquent au fer rouge

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