RCIU: les 4 lettres de l’apocalypse

Pour beaucoup de futures mamans, le RCIU est encore méconnu.

Pourtant, on parle d’un dysfonctionnement grave qui peut amener au décès in utero de l’enfant. Aujourd’hui, sur le webzine Côté Bébé, c’est mon cœur de maman qui vous parle et tente de vous sensibiliser à ce problème majeur de la grossesse.

RCIU : c’est quoi ?

Ces 4 lettres sont l’abréviation de « retard de croissance intra utérin (ou in utero) ». C’est un phénomène que l’on peut retrouver en fin de grossesse. Il donne alors lieu à la naissance de bébés « hypotrophes » c’est-à-dire que leur poids est en-dessous du seuil classique.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que le RCIU est plus ou moins grave selon son terme d’apparition dans la grossesse. Plus il intervient tôt, plus il condamne le bébé et devra être encadré.

Comment on a suspecté ce phénomène sur ma fille

À la première échographie, celle des 12 SA, le développement de ma fille était normal. De toute façon, il est rare à ce stade qu’un retard de croissance s’installe.

À l’échographie des 22 SA, on a vu s’esquisser quelque chose d’inquiétant, même si l’échographe du cabinet où j’ai consulté s’est simplement fendu d’un « oh, elle est un peu petite. Mais bon, vous n’êtes pas grands votre mari et vous ».

S’il se voulait rassurant, j’ai, comme beaucoup d’entre vous je suppose, commencé à fouiller Internet, sentant que quelque chose clochait.

Et j’ai bien fait. À 416 grammes (22 SA +4), la comparaison avec les autres mamans au même terme que moi était sans appel : ma fille n’était pas « un peu petite », elle avait déjà au moins 300 grammes de retard avec le plus petit des autres bébés comparés. Pour moi, il était évident que quelque chose n’allait pas.

Ma gynécologue elle aussi jugeait le « elle est un peu petite » de l’échographe léger. Je la vis me remettre une ordonnance pour faire une échographie de contrôle avec cette mention sans appel « suspicion de RCIU ».

Le soir, j’ai cherché ce qu’était ce sigle et l’horreur s’est vite étalée sous mes yeux : « mort in utero », « prématurité », « artères qui ne fonctionnent pas ». Les larmes montèrent : quelque chose se tramait bien et cela dépassait tout ce que je pouvais imaginer.

J’étais en train de tuer ma fille à petit feu. En la privant d’oxygène, de nutriment ; elle était en malnutrition constante. Bien sûr, c’était involontaire de ma part : mes artères fonctionnaient mal et n’apportaient que le minimum à mon bébé. Je ne contrôlais pas ce dysfonctionnement, mais je me sentais tellement coupable.

L’échographie de contrôle confirma ce que nous craignons : un RCIU sévère frappait ma fille. On ne pouvait rien faire.

À la lecture du compte-rendu de la dernière échographie, l’obstétricien me demande de faire mes valises et de revenir immédiatement à l’hôpital.

Par la suite, je compris que c’était une question d’heures. Le cœur de ma fille pouvait lâcher à tout moment, malmené par le manque de nourriture, l’état de lutte permanent pour survivre.

Le soir même, seule dans cet environnement hostile, je dus être césarisée en urgence afin de donner à ma fille plus de chance de vivre.

Elle est née à 6 mois de grossesse et pesait 570 grammes. Elle était prématurée

Aucun signe annonciateur n’a indiqué l’état de souffrance dans lequel elle était plongée.

Aussi, chères futures mamans qui me lisez, si la courbe de votre bébé se casse ou que son poids vous semble insuffisant, parlez-en. Evoquez le RCIU avec votre gynécologue afin de ne pas passer à côté d’un dysfonctionnement grave.

 

 

Photo du profil de Alexandra Le Dauphin

Auteur : Alexandra Le Dauphin

Alexandra Le Dauphin est rédactrice web chez Drôle de Plume et auteure de 3 ouvrages "Célibataire, faut pas t'en faire", "Au boulot Chômette "et "Matéli fait son tri".

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6 Comments

  1. Même découverte, au même terme (22SA). Mais je n’ai réalisé à quel point nous avions été près du gouffre qu’après sa naissance. Quand l’équipe m’a expliqué qu’on avait eu chaud. Notre fils s’est battu de tout son être et il est né à 36 SA. Il ne pesait que 1,410 kilo mais il était en vie et tout le reste allait bien. Ouf…

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    • Photo du profil de Anne-Lise Pernotte

      Merci pour vos témoignages qui complètent cet excellent article ! Sur wwww.cotebebe.fr, nous aimons aborder les sujets délicats, dont on parle peu, pour sensibiliser le public à des problématiques méconnues…

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  2. Bonjour, malheureusement même le fait d’en parler aux médecins n’a pas suffit pour moi.
    A 5 moi et demi de grossesse, mes artères utérines n’étaient toujours pas développé et ma fille avait un retard de croissance. J’ai dit au médecin mes doutes et inquiétudes ( surtout que pour ma 1er grossesse j’avais bénéficié d’un traitement pour aidé mes artères à se développer). Mais la réponse a été on n’a le temps rien n’est inquiètent !!!! . Et à 28 semaines de grossesse, le couperet tombe. J’ai faite une pré-éclampsie, du coup césarienne en urgence avec une petite fille de 685 grammes. Dans notre malheure, on n’a eu la chance d’avoir une petite fille qui avait décidé de vivre coûte que coûte et qui sait battu de toute ses forces. Aujourd’hui elle va avoir 1an dans 1 semaines et est un bébé adorable.

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    • Merci pour vos témoignages. On se rend compte que le RCIU frappe sournoisement, et surtout qu’il reste trop méconnu ! :-( on essaiera d’en parler de temps en temps sur le blog car c’est un sujet qui nous touche.

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  3. Pareil pour nous , né à 31SA
    À 1kg010
    Il a 4 ans et demi aujourd’hui et est en pleine forme , aucune séquelles de tout ce cauchemar
    Un petit garçon plein de vie !!
    Il a même une petite sœur de 1 an qui est arrivé à terme sous aspegic tout le long de la grossesse en pleine forme également
    Il faut tjs garder espoir
    Et croire en eux quoi qu’il arrive
    Une expérience effroyable et magique à la fois…
    Nous avons eu beaucoup de chance et profitons encore plus de tout nos moments en famille !
    Je pense souvent à toutes ces mamans qui ont perdu leur bébé …
    A cause de ça …

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  4. Pour ma part je ne connaissais pas du tout la RCIU avant que cela ne m’arrive. Pour le coup, pour nous, c’est la réactivité et le super professionnalisme du corps médical qui a sauvé ma fille. Elle est née à 26 semaine, elle pesait 480gr. Après 4 mois d’hospitalisation nous avons pu rentrer à la maison. Aujourd’hui elle à 10 mois, pèse plus de 7 kilos et va super bien ! Nous ne dirons jamais assez merci aux pédiatres et puéricultrices qui nous ont soutenu et accompagné tout le temps.

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