Une fausse couche… Et après ?

Bien que courante, la fausse couche reste une expérience malheureuse et parfois traumatisante pour les parents, surtout dans le cadre d’une première grossesse. Et lorsqu’un nouveau « Bout de Chou » est en route, la joie des débuts peut vite laisser place à une angoisse « déboussolante »…

Pour aider ces futures mamans à faire leur deuil et à bien vivre l’arrivée du nouveau « Loulou », cotebebe.fr a rencontré Mathilde Bouychou, Psychologue Clinicienne et Psychothérapeute, spécialisée en maternité et périnatalité.

Fausse couche : entre douleur, tristesse et solitude

« Autrefois, la fausse couche faisait partie de la grossesse, de la maternité. Les mamans témoignaient et échangeaient davantage entre elles. Elles se soutenaient. Elles étaient donc mieux préparées à vivre une fausse couche, explique Mathilde Bouychou. Mais aujourd’hui la réalité est toute autre et les femmes ne se sont jamais senties aussi seules. « Avec les progrès de la médecine, on pense que l’on peut tout guérir et tout soigner, et pourtant les mamans craignent toujours la fausse couche sans savoir comment l’appréhender. Les équipes médicales leur parlent d’un risque, souvent SANS LE NOMMER, et inquiètent les femmes qui finissent par taire et cacher leur grossesse jusqu’à la fin du premier trimestre », souligne Mathilde Bouychou. « Un risque qui suscite de nombreuses interrogations auxquelles elles tentent de répondre SEULES via des recherches sur internet par exemple… Mais hors-contexte, ces informations ne peuvent rien donner… un écran ne pouvant remplacer l’humain… ». Et malheureusement, quand fausse couche il y a, les mamans en souffrance s’isolent. « Du fait de leur fréquence, les équipes médicales ont tendance à la minimiser. Elles recommandent aux mamans en deuil de passer à autre chose, ce qui accroit leurs sentiments de solitude et d’incompréhension…», constate Mathilde Bouychou.

« Il peut être important de distinguer l’arrêt de la grossesse qui nécessite une intervention médicale de la fausse couche où l’intervention n’est pas systématique. Dans le cas d’une fausse couche, l’expulsion se fait naturellement mais par contre le bébé peut ne pas être décédé à ce moment là… En effet, pour certaines femmes ces deux situations sont très différentes. Le contexte dans lequel le bébé est décédé et expulsé à un impact sur son vécu et celui du couple. » (Mathilde Bouychou)

 

les étapes de la fausse couche

 

Faire le deuil de la fausse couche pour mieux vivre sa nouvelle grossesse

Une fois celle-ci passée, il faut se laisser du temps pour admettre la perte et cesser de culpabiliser. Un processus que Mathilde Bouychou regroupe autour de 3 grandes étapes tout en expliquant qu’ « il peut y avoir des allers/retours entre chacune de ces phases qui ne sont là que pour permettre d’évacuer la douleur, la colère, le sentiment d’injustice, etc. » :

« 1. Le choc : c’est la sidération face à la perte ; est souvent associé à un mécanisme de déni. La vérité étant trop douloureuse. »

« 2. La tristesse : c’est une étape très importante qui permet notamment d’enlever la charge affective de la fausse couche. C’est certainement la plus longue ; elle peut prendre plusieurs semaines, plusieurs mois voire même plusieurs années. »

« 3. L’acceptation : il s’agit là de la prise de conscience de la réalité de perte. La maman s’ouvre et peut parler de la fausse couche sans que la peine ne surgisse. »

« Bien que la question reste très personnelle, accueillir une nouvelle grossesse peut permettre à la maman d’avancer dans son deuil », complète Mathilde Bouychou. Sur le plan physique, les équipes médicales recommandent à la femme d’attendre 1 cycle pour relancer le projet bébé, un délai permettant aussi d’aider à la cicatrisation de la perte. « Il est primordial pour la maman de nouveau enceinte d’effectuer un travail de différenciation. Elle doit reconnaître la perte du précédant bébé, et ne pas voir sa nouvelle grossesse comme un prolongement de l’enfant perdu. Pour elle et pour aider son enfant à bien trouver sa place, elle ne doit pas faire l’amalgame. », insiste Mathilde Bouychou.

 

De l’angoisse à la joie : bien préparer l’arrivée du futur « Bout de Chou »

Avec l’arrivée d’un nouveau bébé, « il faut vivre les choses comme l’on peut et se laisser le droit de les ressentir comme elles se présentent. Il ne faut pas faire de généralités et bien les nommer pour sortir définitivement de l’isolement. », précise Mathilde Bouychou. Elle conseille également de :

  • « Ne pas rester seule pour être sûre de ne pas s’exclure  »
  • « Trouver des personnes à qui parler. Ne pas hésiter à se rapprocher d’un professionnel ; parfois une seule consultation suffit à aller mieux »
  • « Faire de la place à ce que l’on ressent, car ce sentiment d’angoisse est normal »
  • « Parler au nouveau bébé. Lui faire comprendre que ce n’est pas de sa faute »
  • « Ne pas exclure le conjoint »

Car finalement « L’attente d’un enfant doit rester un événement heureux et fédérateur pour un couple. Après une fausse couche, la peur de la récidive est normale et il ne faut surtout pas la minimiser mais bien au contraire en parler pour l’évacuer définitivement. Rassurez-vous, vous n’oublierez pas pour autant votre bébé perdu … », conclut Mathilde Bouychou.

A propos de Mathilde Bouychou :

Diplômée en psychopathologie, Mathilde Bouychou a débuté sa carrière en maternité pour se spécialiser dans le domaine de la périnatalité. Durant toutes ces années, elle a accompagné bon nombre de familles autour des questions d’infertilité, d’interruption de grossesse, de suivi de grossesse, de suivi post-partum, de deuil périnatal, etc. A côté de son exercice en cabinet, Mathilde Bouychou intervient comme formatrice dans les champs de la psychologie et de la périnatalité. Le but étant d’amener le soignant à réfléchir sur sa pratique, de lui apporter des connaissances nécessaires et des outils pratiques afin d’aider à l’amélioration de la prise en charge des patients. Mathilde Bouychou accompagne également les femmes autour des questions liées à la difficulté maternelle. Retrouvez toute son actu sur www.mathildebouychou.com.

Auteur : Gaëlle Lesage

Formée aux métiers de la communication et des médias, Gaëlle exerce depuis plus de 6 ans dans ces domaines. Des années durant lesquelles elle affine son projet professionnel tout en développant en parallèle une appétence forte pour les thérapies du mieux-être. Nutrition, santé, bien-être … les médecines douces la passionnent et décide de les tester dès que l’occasion se présente. Convaincue des bienfaits de ces dernières sur la femme enceinte et le nouveau-né, et dans le but de partager ses découvertes, Gaëlle décide de rejoindre côtébébé.fr au printemps 2016.

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