Votre enfant de 3 ans dit des gros mots ? Pas de panique !

C’est assez étrange ce constat de nombreux parents, à savoir que à peine débutant à parler, l’enfant même très jeune, ponctue son propos de gros mots….

Pourquoi donc ? Est-ce conscient, comprend-il ce qu’il dit ? Et…. qui autour de lui adopte un langage fleuri ? Car, les gros mots ne sont pas innés dans le vocable enfantin !

Vers 3 ans, parfois un peu avant, si Mini est précoce au niveau du langage, les premières grossièretés peuvent apparaître.

C’est assez classique, cela correspondant à l’entrée à l’école. Le voilà confronté à des pairs qui n’ont pas forcément le même type d’éducation, dont les parents plus tolérants ou peu attentifs, ne relèvent pas les gros mots de leur rejeton, voire en disent eux-mêmes naturellement. C’est une façon de « s’intégrer », adopter les modes de communication de ceux que l’on copie, c’est humain, inconscient mais pas indéboulonnable !!!

Ce que l’on ne sait pas toujours, c’est qu’au lieu d’appuyer sur le fait de ce que l’on peut dire ou ne pas dire, bien souvent, ne pas donner de crédit aux propos grossiers de son enfant permet qu’il s’en détourne rapidement de façon plutôt naturelle. On a donc le droit de le laisser un temps expérimenter son nouveau vocabulaire un peu cru, et on ne relève pas. Si ailleurs il se fait reprendre (comme à l’école), il va vite comprendre que « merde » ou « con » n’est pas socialement acceptable… S’il réitère à la maison, chez vous, mais que vous ne réagissez pas avec véhémence, il en conclura de lui-même, que finalement, ces mots marqués au fer rouge par la plupart, n’ont pas un si grand intérêt que ça !

Bon ok, c’est un peu de la théorie naïve tout ça non ? !

Comment concrètement faire avec BabyLove qui quand même, vous fait sonner les oreilles avec des horreurs langagières… !

L’humour plutôt que la punition

On privilégiera des réponses ludiques et/ou humoristiques plutôt que la punition, qui quelque part n’est pas positive (le vieil adage des limites à transgresser…). Bien entendu, c’est compliqué chez les plus jeunes, les 3 ans qui ne pourront pas bien différencier le gros mot de son autre possibilité (notion de synonyme complexe, imager le gros mot par l’exemple un peu dur aussi, à 3 ans, on n’est pas encore dans l’extrapolation).

Un interdit comme un  autre

Cependant, tout comme on apprend à ne pas taper son copain de classe, même un tout petit peut entendre qu’il existe des mots « interdits ». Si les gros mots sont employés pendant qu’il joue avec ses voitures, sa dinette ou lit un livre en imaginant les dialogues, ce n’est pas trop dramatique. On peut le laisser, il s’agit alors d’une décharge d’énergie, certains ont envie de courir partout, d’autres vont dire des gros mots.

Verbaliser et expliquer 

Si systématiquement, les mots malpolis ponctuent les conversations de votre enfant avec vous, la famille, ses copains… il est préférable d’expliquer : une petite définition simple, un contexte, et raconter en inventant une situation que ce mot peut blesser l’autre, peut faire passer votre enfant pour un mal poli, un irrespectueux etc. ; tout cela en douceur, pas en s’énervant, et en relativisant aussi ; dites-lui que vous aussi, parfois, ça vous échappe, mais que le plus souvent, vous vous retenez de dire ce mot pas beau.

On peut rassurer en disant qu’on a le droit de le penser si cela soulage ; (exemple du conducteur qui vous grille la priorité, sur lequel vous pensez sans le dire que c’est un horrible « connard »…) ; Mini sera soulagé de comprendre que même s’ils sont interdits, les gros mots sont connus de tous, et surtout de vous, parent, figure d’autorité et d’éducation.

Le jeu, comme arme fatale

  • Pour mettre un terme à ses propos grossiers, l’idéal est de « jouer ». La notion de limite peut être très bien intégrée même à 3 ans. On donne la main pour traverser la rue, on attend que le bonhomme soit vert, etc., et bien certains mots ne doivent pas être utilisés : alors, on les confisque. Dès que votre enfant dit un gros mot, comme pour le jeu de « je t’attrape le nez », vous faites semblant de récupérer le mot devant sa bouche et vous le mettez à la poubelle.
  • Pour les un peu plus grands, le rituel des toilettes n’est pas mal également : on lui explique que s’il a soudain envie de crier des gros mots, il a le droit d’aller aux WC les dire puis tirer la chasse. Ils partent avec les autres déchets de son corps, il sait qu’on urine ou défèque dans ce lieu, les gros mots sont alors considérés comme un déchet dont on se vide pour être bien dans son corps.
  • Pour certains, l’exemple suivant peut être décrié car on y inclue une notion de « carotte » mais cela s’avère efficace. Toute la famille y participe. On cagnotte de l’argent à chaque gros mot dit par papa, le grand frère, maman et Mini : 5 centimes par ci, 10 centimes par-là, on fixe une durée et par exemple au bout de 6 mois on compte l’argent. Au fil des semaines la somme diminue, on se félicite et on s’octroie une petite récompense !

 

Rien de bien alarmant donc jusqu’à 6 ans d’entendre quelques gros mots sortir de la bouche de votre Petitou.

Après, par contre, il faut être plus attentif, car le sens réel du gros mot commence à être intégré, et il peut-être utilisé à bon escient pour contrarier, pour exprimer une colère profonde, pour alimenter une querelle… Mais un « merde » prononcé en rigolant comme « T’as vu Maman je n’ai pas dit « merde » aujourd’hui ! » est juste une échappatoire pour le dire sans se faire vraiment remarquer !!

Auteur : Anabelle Martinez

Ex-éducatrice auprès de jeunes enfants, Anabelle Martinez est aujourd'hui rédactrice web chez Semantics et accompagne les entreprises dans le développement de leur présence digitale.

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