Améliorer la communication grâce à l’écoute active

Je me suis lancée dans la lecture de Parents efficaces de Thomas Gordon, et je viens de terminer un chapitre sur l’écoute active qui m’a énormément plu et m’a amené à creuser un peu plus le sujet !

Qu’est-ce que l’écoute active ?

C’est un moyen de communication par lequel on ouvre une porte à la personne en face de nous pour l’inviter à parler de son problème, tout en mettant nous-même nos préjugés, nos ressentis de côté. Comme dans le livre de Thomas Gordon, je vais parler de l’écoute active adaptée au dialogue parents/enfants, mais cette méthode peut être utilisée avec n’importe qui !

Pratiquer l’écoute active, permettrait à celui qui se confie de trouver par lui-même une résolution à son problème, et de renforcer le lien de confiance avec celui qui l’écoute.

On pourrait penser qu’il faut donc pratiquer l’écoute active dès le début avec nos enfants, mais pas du tout. Thomas Gordon explique qu’il reçoit énormément de parents qui arrivés à la période critique de l’adolescence se trouvent confrontés à la non-communication avec leur enfant. Et lorsqu’ils apprennent puis s’efforcent d’utiliser l’écoute active, ils remarquent très rapidement de grands changements, et une amélioration de leur relation avec leur enfant, ainsi qu’une meilleure harmonie familiale.

Mais l’écoute active s’apprend, ce n’est pas du tout quelque chose de naturel. Au premier abord, cela semble même vraiment bizarre! Cependant, je suis persuadée que c’est une méthode qui peut vraiment s’installer durablement en famille et nous rendre la vie plus douce.

Pour commencer, lorsque l’on souhaite pratiquer l’écoute active, il faut bannir certaines réponses typiques, automatiques, qui souvent mènent à ce que l’enfant se ferme et n’en dise pas plus sur son ressenti, sur son problème.

Effectivement, lorsque notre enfant vient et exprime un souci, une émotion, un malêtre, on a souvent tendance à répondre par l’une de ces 12 réponses :

Donner des ordres, diriger, commander (« ne parle pas comme ça », « arrête de te plaindre »)

Avertir, mettre en garde, menacer (« si tu continues, tu vas le regretter », « si tu parles encore comme ça, tu vas être puni »)

  • Moraliser, faire la leçon (« tu ne devrais pas faire cela », « tu dois respecter les adultes »)
  • Conseiller, donner des suggestions ou des solutions (« pourquoi ne fais-tu pas comme ceci ou comme cela? », « tu n’as qu’à aller jouer avec d’autres amies », « tu devrais en parler avec ton prof »)
  • Argumenter, expliquer, persuader par la logique (« les enfants doivent apprendre à s’entendre entre eux » )
  • Juger, critiquer, être en désaccord, blâmer (« tu as complètement tort », « je ne suis pas du tout d’accord avec toi! »)
  • Complimenter, être d’accord, évaluer positivement, approuver (« je suis certain que tu vas réussir »)
  • Ridiculiser, faire honte (« tu es un bébé »)
  • Interpréter, psychanaliser (« tu es jalouse », « tu dis cela pour me édranger »)
  • Rassurer, consoler, soutenir (« demain tout ira mieux tu verras », « ça va s’arranger ne t’inquiète pas »
  • Enquêter, questionner (« pourquoi ne veux tu plus aller à l’école? »
  • Esquiver, distraire, faire de l’humour (« oublie ça, tout cimplement », « alors comment ça se passe au foot? »

 Alors, vous me direz… mais on répond quoi alors ??

Je vous concède que cela peut sembler beaucoup de types de réponses à bannir… mais en réalité ce qu’il faut comprendre c’est que lorsque notre enfant vient pour nous parler d’un problème qui lui est propre, il n’attend pas qu’on lui trouve une solution… c’est SON problème, ce dont il a besoin c’est qu’on l’écoute et qu’on comprenne, qu’on décrypte ce qu’il ressent.

Ces 12 réponses typiques sont des obstacles à la communication, même si pour certaines on peut penser que non. Cela entraîne différente réaction et émotion chez celui qui les reçoit : « on nie mes émotions », « on s’approprie mon problème », « on pense que je ne suis pas capable de trouver une solution tout seul », « on ne me fait pas confiance », « on ne m’accepte pas », « on ne m’écoute pas ». De là, découle souvent un enfermement, et l’enfant ne se confie plus à ses parents. C’est particulièrement visible à l’adolescence, où les jeunes sont en conflit en premier lieu avec eux même.

Pour illustrer cette pratique, je vais vous donner un exemple de conversation tiré du livre de Thomas Gordon, la même conversation mais avec deux modes d’écoute différents…

Lise : Je ne veux pas manger ce soir…

Père : Force-toi un peu voyons! Les enfants de ton âge ont besoin de trois repas par jour!

(réponse typique :  argumenter, persuader par la logique)

Lise : J’ai pris un gros repas ce midi.

Père : Viens quand même t’asseoir à table voir ce que nous mangeons (suggérer)

Lise : Je suis certaine que je ne vais rien manger.

Père : Qu’est-ce qui ne va pas ce soir ? (Questionner)

Lise : Rien.

Père : Alors dépêche-toi, viens manger (commander)

Lise : Je n’ai pas faim, je ne mangerai pas.

On voit bien que dans cette situation de communication, le dialogue est stérile et ne mène à aucune résolution.

Maintenant, voici comment aurait pu se dérouler la conversation avec l’utilisation de l’écoute active…

Lise : Je ne veux pas manger ce soir…

Père : Tu n’as pas le goût de manger ce soir ?

Lise : Absolument pas. J’ai l’estomac noué.

Père : Tu te sens tendue aujourd’hui, quelque chose te fait peur ? (décryptage du message de Lise)

Lise : Tu peux le dire! Robert m’a téléphoné aujourd’hui et il m’a demandé de lui parler ce soir. Ils paraissait sérieux, ce n’est pas son habitude.

Père : Tu as cru déceler qu’il y avait quelque chose de spécial.

Lise : J’ai peur qu’il ne veuille me quitter

Père : Tu n’aimerais pas que cela se produise.

Lise : Ce serait terrible! Surtout parce que je crois qu’il s’intéresse à Suzanne. Ce serait le pire!

Père : C’est vraiment ce qui te fait peur, que Suzanne le prenne.

Lise : Oui, elle a tous les garçons intéressants. Elle est décourageante, elle parle toujours aux garons et s’amuse à rire avec eux. Ils se font tous prendre. Elle en a toujours 3 ou 4 autour d’elle dans les couloirs de l’école… Je ne sais pas comment elle fait, moi je ne sais jamais quoi dire aux garçons.

Père : Tu aimerais bien être aussi à l’aise que Suzanne avec les garçons.

Lise : Oui, je manque toujours mes chances. Je suppose que je veux tellement qu’ils me trouve intéressante que j’ai peur de dire des sottises.

Père : Tu veux tellement être populaire que tu as peur de faire des erreurs.

Lise : Oui, mais je ne pourrais pas faire pire que ce que je fais en ce moment, à rester là à ne rien dire.

Père : Tu crois que tu te trouves en moins bonne position maintenant, que si tu te décidais à te mettre à parler.

Lise : Ah oui! J’en ai assez. Je suis fatiguée de toujours me taire.

 Ici l’écoute active aura permis à Lise d’exprimer vraiment ce qu’elle ressent… et cela l’encouragera à changer de comportement pour se sentir mieux.

Certes, cela peut paraître un peu étranger, artificiel, et même sembler répétitif… mais le livre regorge d’exemples de parents pour qui l’écoute active a vraiment fait des miracles! Le but n’est pas de répéter tout ce que l’enfant vous confie, non, c’est de décrypter les émotions cachées derrière ses mots et de reformuler avec nos propres mots.

Cela s’apprend, et je pourrais en parler des heures! Je vais juste finir en disant que pour pratiquer l’écoute active, il faut absolument oublier ses préjugés, ses propres émotions et se sentir capable d’accepter son enfant même s’il nous lance qu’il déteste un prof, ou qu’il a envie de taper un camarade (ce n’est pas parce qu’il l’exprime qu’il le fera).

Et puis attention, l’écoute active ne s’applique pas tout le temps… si l’enfant vous demande à quelle heure il doit se préparer pour l’école, il a besoin d’une réponse claire pas d’écoute active. Cette dernière est adéquate lorsque votre enfant vient vous confier un problème qui lui appartient.

Enfin, si je vois facilement l’application avec des enfants ayant acquis la parole, cela me semble plus compliqué avec les tout petits… mais peut-être que simplement les accepter avec leurs émotions est déjà un pas vers l’écoute active?…

A suivre, je vais poursuivre mes lectures! Et je vous conseille vivement de lire ce livre de Thomas Gordon « Parents Efficaces » et même si vous êtes vraiment intéressés par l’écoute active de vous renseigner sur les ateliers et stages qu’il pourraient y avoir près de chez vous!

Cet article est rédigé par Maud, maman blogueuse, auteure du blog Les tribulations dune Maman Mammouth.

 

Auteur : Maud Pineau

Maud Pineau est assistante maternelle et auteure du blog Les tribulations d'une Maman Mammouth, pro maternage et éducation bienveillante.

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